Par où commencer! Peut-être par les examens qui se bouclent, ou les projets de nouveaux numéros qui avancent à grands pas…!
Stella Polaris m’a accueillie pour quelques jours de répit entre deux examens; le week-end a commencé par la première Glitter Fever, avec la superbe découverte que fut Daisy de Paris et son très beau numéro en Mata-Hari, ou la grosse claque d’énergie nommée Kitten DeVille! Je prépare actuellement un nouveau numéro “vénéneux” inspiré de l’Ange Bleu, que je proposerai pour la première fois sur la scène de la prochaine Glitter Fever, le 9 Octobre :

Avec mon Tea’se for Two, en version intégrale cette fois… Teasing :


J’en profite aussi pour vous signaler la soirée Mon Boudoir du 23 Septembre, organisée pour l’ouverture de la boutique de lingerie du même nom et qui promet des merveilles : Kiss Me Deadly, Velda Lauder, Mademoiselle Fred, Maya Hansen, les meilleurs noms en la matière! Au programme, défilé de lingerie, de corsets, et petit show burlesque à 21h! L’entrée est tout public :

… Beaucoup de Loubutinage aussi, ces quelques jours! Des essayages aussi désespérants (de fauchitude) qu’excitants avec la jolie Noune, puisqu’il aura fallu passer quasiment toute l’après-midi greffées au fameux canapé multicolore avant d’accéder au Saint Graal du jour : les Supra Fifre, des cuissardes de cavalière romantique/héroïne victorienne de manga/dresseuse de charme, au choix, qui gainent la jambe de cuir velours aux reflets discrets, font le pied tout menu et la jambe interminable :

ARGH!
Et le lendemain avec Stella Polaris, en quête d’un coup de foudre qui n’a malheureusement pas eu lieu – mais je gage que des petites bottines de cuir velours et dentelle pourraient bientôt faire fondre son coeur… De mon côté je me suis consolée à mon retour avec ce “vieux” modèle, arrivé entretemps, et qui est tout simplement LE premier modèle de Louboutin qui m’ait vraiment fait craquer, et fait envisager un tel achat. Les retrouver trois ans après était complètement inespéré, elles auront suscité moultes inquiétudes mais enfin, les voilà!

...bon, à la webcam, puisque l'APN a eu la bonne idée de rendre l'âme...
Et une photo sur laquelle je les avais découvertes et aimées pour la première fois, il y a trois ans au moins :

Bon, en fait deux, et encore d’autres sur le flickr!

En matière de coup de foudre il y en a eu malgré tout chez Stella, en la personne d’un petit chat en habit de Felix, avec son petit museau rose et son masque de chaton-chauve-souris! Je vous laisse aller le découvrir chez elle, il est très sympa ,)
Nous avons aussi visité le musée de l’érotisme, et le musée Gustave Moreau. Concernant le musée de l’érotisme, puisque c’est ainsi qu’il se nomme, je n’ai pas grand-chose à ajouter aux remarques de Stella à vrai dire; des cartels sans intérêt, des approximations très grossières, et qui ont fait douter de la moindre information tout le reste de la visite. Un grand méli-mélo entre objets populaires profanes et objets de culte, entre civilisations même – et hop, une vitrine d’objets japonais, une autre d’objets indiens, et tiens revoilà des japonais! Des objets renversés, deux cartels identiques dans la même vitrine, des sculptures sur verre contemporaines côtoyant les (très mauvaises) copies de céramiques à figure noire, peut-être une compilation de toutes les erreurs à ne surtout pas commettre en matière de muséographie.
Voilà qui me rappelle aussi l’expo “Emile Gallé, influence du japonisme” que j’ai réussi à voir l’un des derniers jours, une collection incroyable, des pièces magnifiques, mais très mal exploitées avec des cartels sommaires, et surtout, de très mauvais choix de placement ou d’éclairage : des vases au dos nu exposés en centre de pièce, pendant que d’autres étaient totalement décorés mais placés devant un mur, ou pire, dans un coin de pièce… avec parfois même une citation qui aurait nécessité de tourner autour de l’oeuvre pour la lire – puisqu’elle n’était pas retranscrite sur le cartel, sachant que Gallé était friand de citations, qui donnaient parfois une nouvelle dimension à son oeuvre. Ou encore des vases aux inclusions merveilleuses, avec de sublimes effets de transparence, mais éclairés “de plein fouet”, ce qui cassait toute transparence et les transformait en masses de verre marron… J’ai eu l’impression de littéralement les redécouvrir en recherchant de bonnes photos sur internet :


... Un vase pour Dracula!

Coupe aux éphémères
Ces deux dernières illustrent parfaitement de problème de l’éclairage : il a vraiment fallu scruter la Coupe aux éphémères pour distinguer les silhouettes en inclusion, quand à la seconde silhouette de libellule de la Coupe aux libellules, elle m’est carrément passée inaperçue.

En bref, une expo très belle, très riche, mais d’autant plus frustrante. Je regrette vraiment de n’avoir pu la voir qu’une fois, par contre…
Même regret avec le musée Gustave Moreau, une véritable merveille nichée dans la maison XIX° de l’artiste et LA visite phare du week-end :

"L'escalier de la bibliotthèque de La Belle et la Bête!!"
Contrairement à Stella, j’ai assez apprécié la remise en situation des pièces de vie, surtout le boudoir que Moreau avait aménagé à la suite du décès d’une amie très chère. Tout donnait l’impression touchante et troublante que le temps s’était arrêté, et avait figé tous ces objets jusqu’à nous, impression encore renforcée par les oeuvres inachevées que l’on découvre dans les étages-ateliers – avec le tableau “Les Chimères” en particulier, à gauche de l’escalier, moitié inférieure : toutes les étapes semblent avoir été simultanées et interrompues. Un crayonné ici, là le dessin est encré, plus haut la couleur est déjà posée. Comme un “écorché” du tableau, une superposition de calques qui le décompose et nous en offre la genèse. J’ai vraiment eu un sentiment unique à la visite de ce musée, complètement atypique, comme un cabinet de curiosité, ou comme si nous visiteurs étions des voyeurs, un siècle plus tard.
… Et un exemple de très bonne muséographie à mon avis, avec le parti pris de la cohérence avec une exposition des tableaux “à l’ancienne”, qui ne permet peut-être pas de détailler les oeuvres “le nez sur la croûte” comme j’aime parfois le faire, mais correspond à l’esprit de conservation “comme à l’époque” du musée – même si on peut se poser la question de l’attaque du temps et de la lumière sur des oeuvres que l’on ne peut qu’observer de loin. Mais surtout, le musée propose des cartons détaillant bien sûr les références de chaque oeuvre, mais en expliquent également certaines avec les propres mots de l’artiste, ainsi que des murs entiers de “cahiers de bois”, inclus dans la boiserie du mur, qu’il faut dégager et feuilleter pour découvrir croquis, dessins et études de l’artiste, plusieurs milliers au total!
Je parle beaucoup d’organisation, et pas d’oeuvres ou d’artistes, je m’en rends compte; mais ces trois expos/musées m’ont vraiment fait prendre conscience des choix et limites que pose l’organisation d’une exposition, c’est la première fois que les degrés de réussite et les partis pris d’une expo me marquent à ce point, certainement par leur proximité dans le temps et leurs différences flagrantes.
Pour en revenir à l’artiste, à Gustave Moreau, une chose m’a particulièrement frappée : sa façon de représenter les corps, très statuaire, comme s’il avait essayé dans ses croquis et peintures de représenter le plus fidèlement possible des sculptures Renaissance qu’il aurait prises pour modèles, si vous avez l’occasion de visiter le musée, l’effet est flagrant dans son étude pour “Oedipe et le Sphinx”, encadré sur le palier du 1° étage. Les thèmes assez sombres aussi, des choses oniriques, des amours sans espoir, ou encore des thèmes longtemps considérés licencieux, comme Hercule et les filles de Thespius… Des figures, compositions ou couleurs qui rappellent les Pré-Raphelites, des détails ou pointes de couleurs évoquant les miniatures orientales; un mélange entre héritage classique et visions d’un artiste hors normes. Bref, une véritable réussite, du pur bonheur!

Jupiter et Sémélé : encore un amour tragique... L'architecture et les touches de couleurs me font penser à l'art Indien, quand les anges de chaque côté me rappellent certaines des "fleurs" d'Edward Burne-Jones. Tout le tableau foisonne de symboles, "évidemment".
… Allez, encore un examen, et ce sera Dita et son Opium Den, et avec un peu de chance un retour à ce généreux musée!

[EDIT] De revoir ces têtes de taureau et ces caryatides aux seins multiples des Filles de Thespius, et en corrélant les dates je réalise seulement que Moreau s’est certainement inspiré des découvertes du palais de Knossos, en 1878… Voilà ce que je trouve formidable dans l’Art, fouiner, retrouver la démarche, la genèse, les inspirations, l’idée ou l’intention qu’a eu l’artiste en “dessinant” telle ou telle oeuvre. Vivement la rentrée!



Les expo temporaires du musée de l’érotisme sont souvent meilleures que les permanentes. Il faut bien tomber. En tout cas c’est la première fois que je lis quelqu’un qui a un vrai avis sur la scénographie des expos ! Le plupart des gens , et beaucoup d’historiens de l’art, ne m’en veux pas pour tes collègues , ne comprennent pas l’importance d’un éclairage et d’un accrochage. Pour eux ça n’a qu’une petite importance. Et bien non, ça joue énormément sur le ressenti et la manière d’aborder les pièces dans un musée. J’ai vraiment beaucoup aimé lire ton post…
Ahhhhhhhhhhhhhhhhh Ditaaaaaaaaaaaaaaa !!! Je sais, je ne bloque que sur la fin de cet article très prolifique et passionnant (j’adore quand tu fais de longs articles), car je ne me suis pas remise de mercredi soir.
Gros bisous et contente de te retrouver ici !
(Pour MonBoudoir, j’ai l’impression que si les shows à 21h sont ouverts à tous, la partie défilé à 20h avec Velda Lauder etc. est “sur invitation uniquement”. Non ? Le flyer n’est pas très clair.)
Pour le musée Moreau, ce n’est pas tant que je n’ai pas aimé les pièces d’habitation mais plutôt que j’ai eu peur qu’il n’y ait que ça : moi je venais d’abord pour voir ses oeuvres !
Merci pour les photos de Gallé comme d’habitude, j’aime particulièrement la coupe aux éphémères et celle aux libellules… A ta prochaine visite parisienne il faudra que je t’emmène au Musée des Arts Déco pour voir (outre l’expo Vionnet) la collection de bijoux si tu ne l’as pas déjà vue, et ses merveilles de Lalique qui devraient te séduire autant que moi.
Je trouve tes critiques sur la mise en scène et les organisations des expo très intéressantes! (pour ma part, je regarde pas mal aussi ça, ça doit être un de mes autres défauts professionnelles et aussi le fait que j’ai réalisé une expo et c’est jamais simple à gérer”
En tout cas, ça me donne cependant envi d’aller voir!
Les pièces de l’expo “Emile Gallé, influence du japonisme” m’ont l’air remarquable! je passerai des heures à regarder des vases!^^
Je suis fascinée par l’escalier du musée Gustave Moreau, une vraie petite merveille
Ta petite expédition à Paris m’avait l’air bien riche quand même!
Et j’espère que tes exams se sont bien finis!
Je suis contente de pouvoir te lire à nouveau !
La muséographie est quelque chose qui m’interpelle depuis longtemps, et en effet, ça peut changer beaucoup sur la perception qu’on a d’une exposition.
On peut pardonner la disposition vieillotte et l’amassement d’objets du Musée National de Phnom Penh au Cambodge par exemple mais beaucoup moins la scénographie ratée d’une exposition d’une grande capitale occidentale.
Et comme je disais chez Stella Polaris, j’aime beaucoup Gustave Moreau et j’ai hâte de revoir le musée à Paris.
Très joli blog raffiné et très féminin dans l’esprit et la forme.
BISOUS
Stella : non non c’est bien ça, la soirée est publique, mais il me semble qu’elle est juste restée payante. C’est l’organisateur qui m’a demandé d’apporter cette précision sur mon blog
Il faudra en effet qu’on se fasse l’expo Vionnet, et je n’ai jamais vu leur collection permanente, non plus!
Marie, c’est l’un de nos très bons profs qui nous a “titillés” sur ce problème des choix lors d’une visite, depuis je ne pardonne plus rien; c’est peut-être aussi parce que le musée Lorrain à Nancy a une très belle mise en scène de la salle “De La Tour”, celle-là même qui a amené les remarques de notre prof d’ailleurs. On a l’impression d’entrer dans un lieu sacré, et l’éclairage est très faible, juste assez pour bien voir, mais sans éteindre les effets de lumière qu’a créés le peintre, c’est extrêmement bien fait. Au-delà du ressenti, je trouve indispensable de bien penser l’éclairage par exemple, rien que pour éviter les mauvais reflets qui gênent l’observation ou gâchent carrément des oeuvres, comme à l’expo Gallé – j’ai parfois eu un vrai sentiment de gâchis, toutes ces pièces, tous ces risques aussi (il y a une polémique sur un vase fêlé) mal mises en valeur…
Pink Pearl, les notes tombent seulement, mais pour l’instant il n’y a que de bonnes surprises
Je ne savais pas que tu avais dû organiser une expo, ni même que tu travaillais dans ce domaine! L’expo Gallé était vraiment sublime dans son fond, les vases t’auraient certainement plu, et Gallé était un vrai génie en la matière. Ca doit être la première fois que j’ai tant de regrets de n’avoir visité qu’une fois une expo.
Miss Sunalee, tout à fait! En fait au musée de l’érotisme, j’ai vraiment eu l’impression de tomber dans un vulgaire piège à touriste, sous couvert de l’intitulé “érotisme” pour se donner un vernis pseudo-culturel. Comme s’ils avaient accumulé là tout objet phallique ou image pornographique qui leurs tombaient sous la main, certains vraiment sans intérêt, le tout arrangé vite-fait.
Tout ça pour ton retour ! J’y reviendrai. Des Salomés Louboutin…
Biz
J’ai une licence d’archi, puis je suis partie… et là je fais de l’urba et je retourne en archi après… Donc je commence à avoir l’œil affuté sur les petits détails qui tuent!^^
Et j’ai monté une exposition sur l’Europe… Avec les moyens du bord et tout et tout… car bon, nous ne sommes pas des pro. Je ferai un article très prochainement… car j’organise un événement avec une des communes autour de Grenoble.
Je comprends quand tu dis que tu as du regret. Cet été, j’ai visité le musée antique de Naples (avec les trouvailles de Pompei). De nombreuses salles étaient fermées, et quand ils en ouvraient une (pas assez de budget pour avoir plus de guides), il fallait se dépêcher, alors qu’avec mon copain, on était en train de fantasmer et triper sur tous les petits objets (vases, accessoire, objets en tout genre…). Et des salles où ils y avaient de splendides collections de statuts…. fermées aussi. On les regardait à travers les vitres…
La lecture de votre blog est toujours un régal. Il me permet de combler mes lacunes en histoire de l’art. Votre style vestimentaire me plaît, ne changez rien. Bonne continuation dans vos études. Amicalement.
Bonjour a tous!
Effectivement le 1er flyer indiquait uniquement pour les médias, mais nous avons tout modifier , désormais l’entrée au défilé de lingerie est ouverte a tous (10 petit euro) et tout cela commence à 20 h !!! Donc désolé pour cette confusion , nous souhaitons que tout le monde voient la merveilleuse collection de Velda Lauder ainsi que les autres marques présente sur notre site.
Vanessa Epo
Mon Boudoir Lingerie
grand merci a Lili !
Tu es à croquer!
Olala ces cuissardes Louboutin sont sublimissimes!
J’avais beaucoup aimé le musée Gustave Moreau, et j’ai regretté de ne pas pouvoir tout regarder par manque de temps, il y a tant de merveilles à voir, c’est vrai qu’il faut y revenir.
Oh pour la glitter fever se sera le 9 octobre, et je commence mes cours le 10, c’est bien dommage !
Sugie, tu reprends les cours un Samedi??
Merci Eloïse!
Darkitty, je pense qu’il faut vraiment faire le Moreau en plusieurs fois si on veut vraiment profiter de tout, ça foisonne vraiment de dessins, études et esquisses, trop pour s’y pencher sérieusement en une seule après-midi…
Olivier, bientôt de nouvelles Loub, et salomés en prime!
Pink Pearl, mon gros regret italien, c’est d’y être passée trop jeune… Les fameux voyages scolaires réservés aux latinistes, mais on devait avoir 12 ou 13 ans, j’étais vraiment trop immature pour réaliser et comprendre tout ce qu’on nous a montré, j’ai même oublié la moitié des monuments ou oeuvres qu’on a pu voir! J’espère pouvoir y retourner cette année pour un loooong périple de Florence à Paestum… Tu as quand même pu voir assez de choses? Tu n’as visité de musées qu’à Naples?